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mardi 10 mai 2016

Délicieuses Pourritures - Joyce Carol Oates

-----Résumé-----


Une prestigieuse université féminine de la Nouvelle-Angleterre dans les années 75.
On conteste plus que jamais les valeurs bourgeoises sur fond de drogues, de cigarettes, d'art et de poésie. Gillian Brauer, 20 ans, brillante étudiante de troisième année, voudrait briller encore davantage aux yeux de Andre Harrow, son charismatique professeur de littérature, qui a décidé de faire écrire et lire en classe à ses élèves leur journal intime. Il n'octroie ses compliments qu'aux confessions les plus osées ce qui génère surenchères malsaines et incidents ravageurs parmi des filles survoltées, avides de retenir l'attention - et plus - du maître.


-----Mon avis-----

Joyce Carol Oates est une auteur que j'ai découvert grâce au portrait qui lui été consacré dans Les Carnets de Route de François Busnel. J'ai tout de suite voulu découvrir sa plume et me suis donc procuré quelques un de ses romans. Délicieuses pourritures est le deuxième que je lis. 

Ce qui m'a frappé immédiatement dans ce roman c'est la plume de l'auteur. Joyce Carol Oates a ce don pour décrire et amener son histoire de telle façon que nous sommes immédiatement plongés dans l'intrigue. Dans ce roman, nous faisons la connaissance de Gillian Brauer, une jeune étudiante. Comme beaucoup de ses camarades Gillian est obnubilée par son professeur, Andre Harrow, ce dont nous sommes très vite témoins dans le roman puisqu'elle va même jusqu'à suivre la femme de ce dernier. Nous nous apercevons tout aussi rapidement du pouvoir d'attraction que le professeur exerce sur ses élèves ce qui amène assez rapidement un sentiment de malaise à la lecture du roman. Les élèves sont donc toutes dingues du professeur et lorsqu'il leur donne pour consigne d'écrire leur journal intime pour le lire ensuite en classe, les filles sont prêtes à tout -même à dévoiler leurs secrets les plus intimes - pour attirer les faveurs de leur professeur. Un jeu malsain se met alors en place , c'est à celle qui ira le plus loin dans les détails de leur intimité qui aura le droit à l'attention du professeur, une sorte de compétition qui poussera les filles à commettre les actes les plus vils.

D'après ce que j'ai pu comprendre en lisant diverses chroniques sur les oeuvres de cet auteur, les avis sont toujours à double tranchant : soit on aime soit on déteste. Pour moi, il s'agit donc du deuxième roman de l'auteur que je lis et je peux dire que j'ai vraiment apprécié ce que j'ai lu. Alors c'est sur que toute l'histoire est assez dérangeante, de voir jusqu'où ces jeunes filles sont prêtes à faire pour que leur professeur les remarque est assez malsain mais finalement c'est comme si on se prenait au jeu et on a envie de savoir jusqu'où ce jeu va les mener - que ce soit le professeur ou les filles. J'ai été véritablement happé par l'histoire et me suis même parfois demandé quelles étaient véritablement les personnes les plus malsaines dans le roman : Le professeur ? Sa femme ? Les filles ? Ou même nous lecteurs qui sommes témoins de cette histoire et qui voulons savoir le fin mot de l'histoire.

Alors, ce n'est pas forcément un roman que je trouve facile à recommander, et je pense que c'est pas par ce roman qu'il faut commencer pour découvrir Joyce Carol Oates mais sachez que moi j'ai aimé et dévoré en deux heures ce petit roman. Et que je continuerai mon exploration de l'univers de Joyce Carol Oates avec d'autres de ses romans.


lundi 4 février 2013

J'ai réussi à rester en vie - Joyce Carol Oates

Résumé

Le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s'est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l"emmener aux urgences où l’on diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d’une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d’aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l’absence sans merci.

- Lu du 17/01 au 27/01 -
Bouleversant ...

Mon avis

Il y a des auteurs comme ça qu'on a envie de découvrir. On ne sait pas ce qu'ils écrivent mais rien qu'en lisant leurs quatrièmes de couvertures on sait qu'on passera un bon moment. J'ai découvert Joyce Carol Oates cet été en regardant l'excellente émission Les carnets de route de François Brusnel sur France 5 et j'ai été tout de suite intriguée par cette dame.

J'ai mis du temps avant d'ouvrir enfin un de ses livres. C'est aujourd'hui chose faite et je regrette d'avoir attendu si longtemps. Elle m'a tout simplement conquise. Sa plume m'a conquise et tellement touchée !
L'histoire de ce livre est autobiographique puisque l'auteur nous raconte comment elle a réussit à "survivre" au décès brutal de son mari Raymond Smith. Brutal car Raymond avait été simplement hospitalisé pour une pneumonie ... Et puis un soir, un appel, ce redoutable appel ... Au bout du fil, le médecin qui demande à Joyce Carol Oates de se rendre rapidement à l’hôpital car l'état de son mari s'est aggravé. Malheureusement elle arrivera trop tard ...

Tout au long du roman on va suivre pas à pas les étapes du deuil, ce que la veuve ressent, ce par quoi elle passe. Jamais l'auteur ne va tomber dans le pathos, ni ne va vouloir à tout prix nous tirer les larmes des yeux. Non, c'est bien plus que ça. C'est un livre que l'on peut s'approprier à des degrés différents. J'ai beaucoup pensé à ma mère à la lecture de ce livre, puisque j'ai perdu mon papa le 25 juillet. L'histoire était différente , mais le choc est le même . La perte d'un être cher est toujours brutal . Trop tôt, trop vite.

Un livre qui nous touche et qui nous apprends que même si le vide sera toujours là, la douleur s'atténue peu à peu et qu'il faut continuer à vivre, à aller de l'avant. C'est ce que ces personnes - proches ou non et parties trop tôt - auraient voulu pour nous.
Il y a eu malgré tout des passages où j'ai eu envie de pleurer parce que c'était trop dur pour moi de revivre ce par quoi l'auteur passe. Ces moments où on se dit que rien de tout ça n'est réel. Ce moment où on rentre à la maison en espérant, une fois passée la porte voir la personne vaquer à ses habitudes.

Un livre difficile à juger car je pense qu'on ne peut juger un livre pareil, on ne peut que ressentir ! Un vibrant hommage à cet homme qui a partagé sa vie pendant plus de 40 ans ...